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Le projet des Balcons du Mercantour présenté par le Conseil Général des Alpes-Maritimes et porté par son président, Christian Estrosi, avait laissé perplexes beaucoup d'observateurs et suscite déjà de nombreuses oppositions.

Outre son ampleur et son coût, il impliquait des aménagements lourds en sites vierges en plein cœur du Parc National du Mercantour (PNM) dont la charte stipule au contraire que les aménagements touristiques nouveaux doivent rester exceptionnels et répondre à un souci d’intégration dans le paysage et de réversibilité possible.

La communication autour du projet a fait l'effet d'une bombe dans le monde de la montagne et a créé un réel malaise en montrant la réalisation effective de travaux destructeurs en site vierge depuis plusieurs semaines sans aucune information préalable, en insistant sur une démarche marketing de produit d'appel et en donnant l'impression d'une volonté de mise devant le fait accompli.

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Arrivés au Lagarot, nous constatons la déchirure que fait ce nouveau sentier dans le paysage, nous avons fait 800 mètres de dénivelé depuis Douans.
 
Nous sommes stupéfaits de la hauteur de certains talus qui laisse présager de nombreuses loupes d’érosion.
Nous remarquons plusieurs plants de Potentille de Valdieri ainsi que la Joubarbe d’Allioni déracinés en train de mourir.
 
Les végétaux ont été particulièrement mutilés.
« Joli » travail de dérochage, avec la destruction des espèces qui vivent sur ces rochers dont la Primevère marginée et sur d’autres barres le Saxifrage Florulenta.
Stupéfaction en arrivant au bord d’un ruisseau.
Les travaux ont complètement détruit le lit du ruisseau, et bouleversé tout l’écosystème, le corridor écologique favorable à certaines espèces animales et végétales.
Nous remarquons rapidement la présence de Cardamine Asarifolia dont les plants gisent en contrebas du sentier.
 
Imaginez à cet emplacement un campement.
Où sont les considérations écologiques ?
Depuis quand fait on des terrassements pour installer un bivouac en montagne ?
Mais tout à été fait dans la tradition de l’art montagnard…
Et un bel accès pour accéder à la plate forme…
Aucun revers d’eau sur les 8 kms de sentiers, même dans les zones les plus pentues, ou les zones présentant un terrain particulièrement meuble.
On imagine l’aspect du sentier suite à un hiver neigeux et les fortes pluies d’automne et de printemps… Quel est le budget pour l’entretien du sentier dans le futur ?
Est-il judicieux de faire passer un public familial (dont des enfants) souvent mal chaussé sur des zones d’éboulis, à d’altitude, dans des secteurs isolés sans échappatoire, tout en prenant en compte les risques météo d’un climat montagnard ?

Accéder à l’itinéraire n’est pas une promenade de santé.
De 700 à 800 mètres de dénivelé pour le Lagarot depuis le hameau de Douans particulièrement pénibles les journées de grand soleil.
1400 mètres  de dénivelé pour accéder à Rabuons depuis St Etienne de Tinée.
Etonnant pour un itinéraire destiné à un large public.
Peu de stationnement à Douans.

Le CG06 compte sur une forte fréquentation de l’itinéraire… Quels sont les aménagements futurs par rapport à l’augmentation de la fréquentation prévue ?
Comment est prévu l’approvisionnement du refuge, sa construction ?
Yaura-t-il la construction d’une piste en Douans et Lagarot ?
Comment motiver le plus de monde à rejoindre un itinéraire difficile d’accès à 2200m d’altitude ?

8km de sentier et aucune échappatoire en cas de mauvais temps.
Vous êtes sur le sentier de l’Energie, il y a des nombreuses possibilités de rejoindre la vallée par de nombreux sentiers en cas de mauvais temps en altitude.
Sur la tranche Rabuons-Lagarot, aucun itinéraire ne permet de s’échapper.

Un intérêt paysager moindre. Lors des 8km que nous avons effectués, nous avons toujours été face au même paysage.
On marche, mais on se lasse. Il y a peu de points d’eau. Pas d’arbres. J’imagine faire ce tronçon les journées de grand soleil…
Comment peut-on encourager un public familial à accéder à ces altitudes avec de telles conditions ? 

Quelques murs de soutènement très mal faits qui risquent de tomber à la première surcharge sur le sentier, les végétaux mutilés et les espèces protégées détruites, pas de profilage des talus qui vont s’effondrer…

Mais où sont donc les considérations écologiques ?
Quel va être le coût de l’entretien annuel d’un tel itinéraire ?