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Le projet des Balcons du Mercantour présenté par le Conseil Général des Alpes-Maritimes et porté par son président, Christian Estrosi, avait laissé perplexes beaucoup d'observateurs et suscite déjà de nombreuses oppositions.

Outre son ampleur et son coût, il impliquait des aménagements lourds en sites vierges en plein cœur du Parc National du Mercantour (PNM) dont la charte stipule au contraire que les aménagements touristiques nouveaux doivent rester exceptionnels et répondre à un souci d’intégration dans le paysage et de réversibilité possible.

La communication autour du projet a fait l'effet d'une bombe dans le monde de la montagne et a créé un réel malaise en montrant la réalisation effective de travaux destructeurs en site vierge depuis plusieurs semaines sans aucune information préalable, en insistant sur une démarche marketing de produit d'appel et en donnant l'impression d'une volonté de mise devant le fait accompli.

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Au niveau du chemin, les éboulis rejetés dans la pente ne vont pas rester en place mais vont être lessivés vers le bas et recouvrir de plus grandes surfaces avant que la végétation ne reprenne ses droits. On devrait ainsi vite revenir à la pente aval initiale. Côté amont, un effritement de la pente devrait se produire, plus ou moins important suivant la hauteur creusée. L'un dans l'autre la largeur finale devrait correspondre à un chemin muletier de l'ordre de 60 à 80 cm, ce qui reste important pour un chemin de randonnée. Il faudra de longues années à ces altitudes pour que la végétation recouvre les bordures.

Les pentes raides du type versant sud de la Crête de Chabraire risquent une érosion forte qui pourrait bien emporter les lacets qui y ont été tracés.

Les terrains traversés sont des secteurs dans lesquels vivent une flore et une faune très spécifiques et qui, en temps normal, sont déjà soumises à des contraintes biologiques permanentes. 

Au niveau de la faune, ces zones d'altitude sont le domaine d'espèces comme le lagopède, le lièvre variable, la bartavelle. Bartavelles et lagopèdes sont déjà deux espèces en danger. Le passage de randonneurs dans des lieux jusqu'à présent très peu ou pas du tout fréquentés les exposera encore plus et fragmentera leur biotope. Espérons au moins que l'introduction d'animaux domestiques tels que chiens, mulets, ânes sera strictement interdit.

Au niveau de la flore, l'itinéraire passe dans des zones où poussent plusieurs espèces protégées, dont Saxifraga florulenta et Primula marginata. Il est dramatique d'avoir constaté la destruction au brise-roche et à l'explosif du biotope de la première. Quant aux pieds qui poussent encore à quelques mètres du chemin, leur disparition est hélas programmée.
Rappelons que Saxifraga florulenta est une fleur endémique du massif du Mercantour dont la protection est totale au niveau international dans le cadre de la Convention de Berne et dont la destruction constitue un délit.